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VISIO-CONFERENCE DU CLUB POLITIQUE BASTILLE LE 22/02 À 18H

lundi 15 février 2021, par Club Politique Bastille

VISIO-CONFERENCE DU CLUB POLITIQUE BASTILLE LE 22/02 À 18H

Envoyez vos adresses à Bruno pour avoir l’invitation : b.slama@bbs-slama.com

Michel introduira le débat.

Jacky

***

« Des positions légères en politique. »

Barthes s’est essayé à « j’aime, j’aime pas » il y a fort longtemps. Et pourtant cette phrase m’est revenue récemment en mémoire.

« J’aime : … des positions légères en politique... » (*).
Barthes faisait référence à la pesanteur du stalinisme, pourtant, elle pourrait sûrement être d’actualité.
Certes, la Covid, les crises et les mal-être ne confinent pas que les corps. Les esprits aussi sont assignés à résidence.

Laïcard (merci Maurras), islamophobe, islamo-gauchiste…
Il faut choisir soit c’est le Printemps Républicain soit c’est le défilé avec les groupes islamistes. Les affirmations identitaires ne laissant pas place au débat, arrive la « cancel culture », le woke, la violence.

Y a-t-il place dans cette lice pour une politique révolutionnaire, une politique qui en se projetant tente de surpasser les contradictions du réel ?

Tout juste a-t-on le droit de chuchoter que, bien que partageant globalement l’ensemble des positions des plus libéraux sociaux, cette collection de luttes ne fait pas une politique. Il ne s’agit pas de choisir lutte de classes ou lutte de « races ». Il s’agit d’essayer d’envisager un avenir en sachant que toute pensée ne peut s’extraire des conditions de sa production.

Les difficultés à construire une pensée globale, un universalisme en tension, une pensée « Tout monde » dans les pas de Césaire, de Fanon ou de Glissant proviennent certainement de l’adaptation des luttes et des discours à l’explosion néolibérale.
Derrière les concepts en parpaing, les raisonnements à la truelle, les affrontements de percherons existe-t-il encore un espace pour une « pensée légère », une lueur transcendante, une pensée révolutionnaire ?

De cela nous parlerons lundi 22 à 18 heures sur Zoom. De cela et de bien d’autres choses…

Michel

(*)

Roland Barthes J’aime, Je n’aime pas

J’aime : la salade, la cannelle, le fromage, les piments, la pâte d’amandes, l’odeur du foin coupé (j’aimerais qu’un « nez » fabriquât un tel parfum), les roses, les pivoines, la lavande, le champagne, des positions légères en politique, Glenn Gould, la bière excessivement glacée, les oreillers plats, le pain grillé, les cigares de Havane, Haendel, les promenades mesurées, les poires, les pêches blanches ou de vigne, les cerises, les couleurs, les montres, les stylos, les plumes à écrire, les entremets, le sel cru, les romans réalistes, le piano, le café, Pollock, Twombly, toute la musique romantique, Sartre, Brecht, Verne, Fourier, Eisenstein, les trains, le médoc, le bouzy , avoir la monnaie, Bouvard et Pécuchet, marcher en sandales le soir sur les petites routes du Sud Ouest, le coude de l’Adour vu de la maison du docteur L., les Marx Brothers, le serrano à sept heures du matin en sortant de Salamanque, etc.

Je n’aime pas : les loulous blancs, les femmes en pantalon, les géraniums, les fraises, le clavecin, Miro, les tautologies, les dessins animés, Arthur Rubinstein, les villas, les après midi, Satie, Bartok, Vivaldi, téléphoner, les chœurs d’enfants, les concertos de Chopin, les bransles de Bourgogne, les danceries de la Renaissance, l’orgue, M. A. Charpentier, ses trompettes et ses timbales, le politico sexuel, les scènes, les initiatives, la fidé­lité, la spontanéité, les soirées avec des gens que je ne connais pas, etc.

J’aime, je n’aime pas : cela n’a aucune importance pour personne ; cela, apparemment, n’a pas de sens. Et pourtant tout cela veut dire : mon corps n’est pas le même que le vôtre. Ainsi, dans cette écume anar­chique des goûts et des dégoûts, sorte de hachurage distrait, se dessine peu à peu la figure d’une énigme corporelle, appelant complicité ou irrita­tion. Ici commence l’intimidation du corps, qui oblige l’autre à me supporter libéralement, à rester silencieux et courtois devant des jouissances ou des refus qu’il ne partage pas.

(Une mouche m’agace, je la tue : on tue ce qui vous agace. Si je n’avais pas tué la mouche, c’eût été par pur libéralisme : je suis libéral pour ne pas être un assassin.)

Roland Barthes par Roland Barthes

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