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Un vieil ami du club, un ancien de la rouge plateforme d’Orsay, Jean-Pierre Boudine publie : …Ni tribun. L’avenir de nos idées aux Éditions A plus d’un titre.

jeudi 30 juillet 2020, par Club Politique Bastille

Un vieil ami du club, un ancien de la rouge plateforme d’Orsay, Jean-Pierre Boudine publie : …Ni tribun. L’avenir de nos idées aux Éditions A plus d’un titre. Ce marseillais de longue date se devait de livrer son expérience politique de ces dernières années à cette maison d’édition phocéenne.

Dans la présentation de l’auteur, en quatrième de couverture, nous pouvons lire : « Jean-Pierre Boudine a bénéficié, dans sa jeunesse trotskiste (à l’OCI précisément NDLR) d’une formation politique approfondie ».

En effet, son texte tranche par sa clarté et son angle d’attaque précis sur les productions des « héritiers du trotskisme » tombés dans le tonneau de mélasse de l’autosatisfaction et du délire scissionniste.

Le travail de réflexion de JP Boudine procède de la recherche et de l’activité d’un militant qui veut peser dans le combat collectif et voler sur le souffle du changement de la dernière décennie. Jean-Pierre relate donc son engagement dans le mouvement qui court du Parti de Gauche à la France Insoumise, engagement qui a suivi les tribulations politiques de Jean-Luc Mélenchon.

Le livre s’achève avec le résultat désastreux de la France Insoumise aux élections européennes. Les jeux étaient faits.

Certes, la crise actuelle, l’effondrement politique, économique et culturel, nous font relativiser ce parcours mais la culture, la finesse politique de l’auteur nous aideront à voir plus clair y compris dans la noirceur du présent.

La discussion est riche et légitime sur bien des points. Quand Jean-Pierre parle de « dilapider un trésor », il parle bien sûr des dérives de Mélenchon, de sa perte de légitimité et de son refus de construire un outil collectif, démocratique et utile pour un véritable travail de changement. La question a souvent été posée de comment transformer une performance électorale en force politique. On attend toujours le parti des travailleurs d’Arlette Laguiller, le rassemblement politique de Besancenot en 2002… Mélenchon n’échappe pas à la règle. Dans notre société, le bulletin de vote est un cri, un refus comme en 2005, mais jamais encore un engagement militant. Et aujourd’hui c’est l’abstention qui marque le refus de la politique du pouvoir ainsi que la défiance vis-à-vis du « système ». Un « tribun » ne renversera pas la V° république, un courant électoral ne deviendra pas une force démocratique et révolutionnaire. « La révolution par les urnes » un slogan à l’égal de la « démocratie avancée » ?

Jean-Pierre Boudine a le mérite de rattacher la dérive du mouvement, observée depuis le Sud, aux proclamations théoriques du leader. Il revient avec précision sur les passages du Bolivarisme aux théories de Laclau actualisées par Chantal Mouffe. Ses réflexions éclairent ces changements théoriques qui s’éloignent progressivement de l’exigence de démocratie et des objectifs de rupture avec le néolibéralisme. Un bref regard sur la trajectoire de Podemos finira de nous convaincre.

L’auteur s’arrête sur un point qui lui semble important, la qualité du programme qui doit beaucoup à l’essai de construction collective mais aussi au travail de Charlotte Girard, éjectée depuis de l’ » assiette au beurre » qu’est devenue l’entourage du leader.

Certes, nous devrions discuter de ce passage de la lettre de Trotsky à la rédaction de la Vérité en 1929 : « Marx a dit une fois qu’un pas en avant du mouvement vaut mieux qu’une douzaine de programmes. Marx pensait aux programmes élaborés en dehors des réalités de la lutte pour la satisfaction de leurs créateurs ». C’est un peu le cas.

Mais nous conviendrons facilement que ce programme présente des avancées certaines vers une approche globale et écologique de la lutte contre le néolibéralisme. En revanche, l’approche étatiste et républicaine parait bien datée de la jeunesse du leader alors que la question, par exemple, de la Police « républicaine » et de son rôle de plus en plus étendu et violent, devient centrale aujourd’hui.

Armés de ces éléments programmatiques pourrions-nous construire un parti démocratique et de combat ? C’est une question récurrente qui traverse le mouvement ouvrier depuis fort longtemps mais qui semble difficile à cerner à l’heure des « gilets jaunes » et des révoltes populaires.

Jean-Pierre n’assène rien, il raconte, réfléchit, synthétise et son expérience est importante si on la rapproche de ce qui vient de se passer à Marseille : l’élection de Michèle Rubirola avec le « Printemps marseillais » qui regroupait les principales forces de gauche, y compris contrainte et forcée, la France Insoumise.

Ces quelques lignes ne font qu’effleurer le riche contenu du livre. Des échanges, des rencontres feraient avancer notre réflexion, nous pourrions faire « un pas en avant », ensemble, peut-être.

ML

29/07/20

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