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Après la démission des verts et des 41 abstentions

dimanche 4 mai 2014, par Club Politique Bastille

Naturellement on peut considérer les tensions politiques au sein du PS comme des péripéties. Les abstentions et les votes négatifs importants sur le pacte de responsabilité, la tension réelle entre le groupe parlementaire et le gouvernement comme des faits secondaires.
Certes. Nous sommes, répétons-le, dans une période ou les salariés reculent sur tous les fronts, sidérés par la violence des coups portés par le patronat et le gouvernement. Le nombre de grèves est l’un des plus faibles enregistrés dans l’hexagone. C’est dire que sauf retournement brutal de cette situation (par exemple comme en 1995)l a crise politique larvée entre les PS et le gouvernement mérite qu’on s’y arrête. C’est la première fois depuis 1988 qu’une majorité législative de gauche, renâcle, et commence à entrer en conflit avec le gouvernement et le Président.
Hollande et Valls ne cèdent sur rien d’essentiel,le pacte de responsabilité vient de déclarer Hollande "vaut programme jusqu’à la fin du quinquennat." Dorénavant tout est mis en œuvre ouvertement pour servir les propriétaires du CAC 40. Les opposants du PS ont raison lorsqu’ils affirment que les 50 milliards iront pour la plupart dans les poches des grands groupes pour racheter leurs actions ou augmenter leurs dividendes C’est ainsi qu’il veut "restaurer les marges de compétitivité".
La débâcle aux municipales a révélé aux députés PS qu’ils étaient pris en tenaille entre leurs électeurs et Hollande. Soit ils s’opposent frontalement et la crise politique débouche sur la dissolution. Soit ils se résignent, votent et ils se suicident ! En admettant que la situation aille jusqu’en 2017, ils seront défaits comme jamais.

N’oublions pas deux éléments.

  1. A la débâcle des municipales va répondre celle des européennes.
  2. Là encore, les résultats vont aggraver les tensions au sein du PS, qui après le départ des Verts sont les seuls à soutenir Hollande.

Les dirigeants du PS expliquent à qui veut l’entendre que la défaite aux municipales a jeté sur le pavé des milliers de cadres du parti, peu ou prou permanents... Mais le cœur de l’appareil sortant depuis les dernières régionales (20 sur 21 régions pour le PS) c’est les régions. En 2015 la projection des municipales conduit à un nouveau désastre. Municipales, Européennes, perte du Sénat, Régionales, une quasi certitude : la répétition et la violence des coups encaissés va cette fois tuer le PS, le faire exploser dans tous les sens !
Pour éviter ces résultats il faudrait un changement radical de politique. C’est à peu près impossible. Hollande se révèle un technocrate de la mondialisation. Qui commence d’ailleurs à annoncer sa défaite...
Il est d’ores et déjà "jospinisé". Il faut souligner que le patronat, l’UMP et l’UDI sont depuis les municipales très mesurés. Ils ne veulent pas de dissolution. Qu’Hollande fasse le maximum du sale boulot ! C’est dire qu’on ne peut à notre avis, apprécier ce qui est, ce qui peut devenir qu’en prenant en compte l’ensemble de la situation de la superstructure. Mais attention nous ne disons pas que la "classique formule léniniste" (en en haut on ne peut plus, et en bas on ne veut plus) s’applique ! Seul l’affrontement ouvert, à mort, entre le PS et le gouvernement pourrait ouvrir la voie à une autre perspective. Et franchement nous en sommes loin. Pour nous la dislocation du PS serait un point d’appui positif ouvrant la porte à des recompositions éventuelles.
C’est notre sentiment. Que les camarades qui diffèrent, divergent s’expriment. C’est un début intéressant. Enfin, une remarque : la plupart des informations convergent, les manifestations "unitaires" FdG, NPA etc ont été relativement massive et joyeuse, optimiste. Peut être une sérieuse mobilisation militante. Voila pourquoi dès le lendemain, le FdG a fait savoir qu’il refusait l’unité, d’une liste commune avec le NPA aux européennes. Les petits appareils sont parfois pire que les grands...
Charles et Jacky

Messages

  • Je crois que c’était inscrit depuis l’élection de Hollande ... ce qui est frappant c’est la manière dont on traite la situation française par rapport aux situations d’autres pays pour lesquels on prend en compte les mouvements populaires. Notre sort depend il uniquement des péripéties du PS et des manifs de la gauche radicale ? L’abstention et le vote FN sont ils les seuls révélateurs du niveau de conscience politique des français ? Dans le désordre, sans jugement de valeur et sans hierarchie : les Désobéissants, les squatters, la communauté de Notre Dame des Landes, les jardins partagés, les écoles différentes, les occupations d’usines, les collectifs d’usagers, de locataires, les décroissants, et j’en oublie... ne sont ils pas des formes de résistance et la preuve qu’un autre monde est possible... sans préjuger de ce qu’il sera !

  • Aux municipales le PS a subi une sérieuse défaite qui en apparence (nombre de mairies conquises) profite à la droite gouvernementale, mais cette dernière n’a pas progressé en voix au premier tour (étude faite sur les villes de plus de 10 000 habitants). Ce qui est le plus significatif pour le PS c’est l’érosion considérable de son implantation locale autrement dit la base de son existence. Le premier fait marquant est le taux d’abstention qui atteint des records pour ce type d’élection d’habitude très prisée par les électeurs. Dans leur immense majorité les abstentionnistes sont des électeurs de « gauche », ceux qui avaient limogé Sarkozy et qui se rendent compte qui c’est la même politique qui est suivie. Le second fait marquant est le début d’une sérieuse implantation locale pour le FN.

    Le départ d’EELV du gouvernement ainsi que l’abstention de 41 députés PS lors du vote sur le pacte de « responsabilité » sont de sérieuses dissensions dans les sphères dirigeantes des partis actuellement au gouvernement. Cela doit être pris en considération car elles sont une colossale épine dans le pied de Valls et sont potentiellement porteuses d’une crise politique dont il n’est pas possible d’envisager vers quoi elle peut déboucher. Le gouvernement PS, comme ses partis frères de l’Union européenne, met rigoureusement en œuvre le programme commun de tous les partis de la bourgeoisie dont la philosophie se trouve codifiée dans les traités de l’UE. Il n’est là aucun tournant si l’on veut bien se souvenir que l’engagement numéro 9 du candidat Hollande fixait de ramener les déficits publics à 3% du PIB. Pour y parvenir il n’y pas d’autre choix que celui de Valls-Hollande, Pour l’instant, les contestataires du PS, ainsi que EELV, ne s’opposent pas à cette logique implacable ; ils veulent en limiter les dégâts.Et Valls semble encore pouvoir compter sur le soutien, certes critique, de la CFDT et de la bienveillance de la direction confédérale de la CGT ; ce qui n’est pas sans susciter des remous dans la CGT (la preuve par la forte présence de militants CGT le 12 avril).

    Quant au FdG, désarticulé par la direction du PCF dont la tactique est élaborée par le trésorier national, n’a pas confirmé son score de la présidentielle. Le rejet du programme commun de la droite et du PS ne s’est pas traduit par une progression électorale, même s’il convient de noter les bons scores des listes communes du FdG (souvent sans le PCF) et du NPA en particulier en Bretagne (où s’est exprimée une puissante mobilisation populaire). Le rejet de l’austérité permanente par les couches populaires ne signifie pas automatiquement la volonté de s’attaquer aux racines de cette politique et de s’en prendre aux institutions (tant nationales qu’européennes) qui servent le pouvoir du capital. Toutefois, les 50 000 manifestants du 12 avril ont exprimé une première véritable forme d’opposition populaire à ce gouvernement. Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps.
    Nous sommes encore loin des deux millions de manifestants à Madrid le 22 mars, des plenums de citoyens qui ont viré des gouvernements locaux en Bosnie, des soulèvements populaires de la place Maidan à Kiev ou encore des mouvements populaires en Tunisie ou en Turquie. Mais pour faire face à toutes les éventualités c’est dans cette direction qu’il nous faut faire travailler nos méninges.
    L’émergence d’une contestation consciente du pouvoir du capital ne sortira ni de la fusion des revendications de diverses couches sociales victimes du capital ni d’un programme sorti tout fait des cogitations d’une avant-garde auto-proclammée. Ce n’est qu’en se libérant des positions négativistes terriblement ancrées dans les organisations traditionnelles que ces couches sociales emporteront des victoires culturelles et prendront conscience qu’elles forment une classe sociale, la seule capable de faire fonctionner la société sur d’autres bases que celles actuelles de la dictature des efforts pour sauver la profitabilité du capital.

  • Le débat agonistique (*) est donc enfin lancé publiquement.

    Rappelons que l’élément fondamental de la démocratie directe, telle que les soviets russes et le conseils ouvriers allemands l’ont pratiquée au XXe siècle est le débat public, donc agonistique, de tous les problèmes à résoudre et la confrontations de toutes les solutions possibles.

    C’est cela qui crée l’espace public prolétarien de Hannah Arendt, l’espace public communicationnel de Jürgen Habermas.

    C’est la reprise des traditions de la démocratie à Athènes analysée par Cornelius Castoriadis : l’ecclésia (l’assemblée des citoyens), l’agora (le lieu de rassemblement où se déroulent tous les débats), la polis (la cité-État, communauté de citoyens libres et autonomes).

    Cela n’a rien à voir avec la démocratie représentative inventée par les bourgeoisies révolutionnaires d’Angleterre, d’Amérique et de France, avec ses élections, ses assemblées de représentants élus et ses partis politiques qui vont avec. Voir Karl Marx, Gloses marginales au programme de Gotha et Lettre à Brake.

    Cette introduction étant posée, on peut donc se lancer dans le débat que provoque le texte de Charles et de Jacky.

    Pour faire dans le brutal, il y a deux lignes politiques qui s’affrontent :
    démocratie représentative contre démocratie directe.

    Ce que l’on peut formuler encore plus brutalement : bourgeoisie révolutionnaire contre prolétariat, qui lui ne peut être que révolutionnaire, sinon il n’existe pas.

    Ou encore : stratégie de la "Ligue Ouvrière Révolutionnaire" contre "Ni parlement, ni syndicats, les Conseils ouvriers".

    Tout ceci est à discuter dans le cadre que posent Pierre Dardot et Christian Laval avec leur nouvel opus : Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle.

    On ne peut donc que saluer le fait que le débat soit enfin lancé sur ce site.

    Ce n’est qu’un début continuons le débat.

    Jean-François Michel Dumont

  • Le Club Politique Bastille utilise donc pour la première fois le forum de discussion de son site internet.

    Par rapport à l’analyse de la période actuelle de la situation politique française dont le point de départ était le résultat des élections municipales et dont le point d’arrivée sera le résultat des élections européennes, j’écrivais déjà un message disponible si vous consultez mon blog personnel et j’en écrirais certainement d’autres.

    Sous estimation générale du « séisme municipal », sous estimation de la crise générale de la totalité des partis de la gauche et de l’extrême gauche française dont la principale expression est une profonde dégénérescence nationaliste franco française, appréciation selon laquelle le combat à l’intérieur du Parti Socialiste est une impasse totale, caractérisation du Parti Socialiste comme un parti de droite, ce sont de mon point de vue les principales caractéristiques de cette situation.

    La question centrale est bien évidemment la question de l’ouverture d’une alternative et d’une perspective politique en positif.

    Il n’y a bien évidemment pas de solution miracle. Cette discussion politique est une discussion publique, elle concerne toute la gauche, la majorité populaire abstentionniste dans ce pays et la minorité des électeurs de la totalité des partis de gauche et d’extrême gauche, ce n’est pas une discussion particulière au CPB et le CPB n’est pas une avant-garde.

    Les discussions politiques passent de plus en plus par internet, les sites internet officiels nationaux de la totalité des partis de gauche et d’extrême gauche sont des caricatures de discussion politique, elles passent par l’expression franche des positions des uns et des autres, elles passent donc par ces sites s’ils ne censurent pas les messages de discussion et s’ils font des tentatives d’organisation de la discussion, elles passent par les sites et les blogs personnels, les listes de diffusion et les forums de discussion.

    Toute licence en art.

    Bernard Fischer

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